Patrimoine Aquitain de l'Education

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Caudéran : une école pour former les institutrices

Index de l'article
Caudéran : une école pour former les institutrices
Construction et aménagements
Evolution de la construction (1913- 1983)
Toutes les pages

Du "cours normal" à l'École Normale d'Institutrices.

En 1833, la loi Guizot, fait obligation aux départements d'entretenir une école  normale de garçons (il en existait déjà 47 en France). Toutefois, c'est seulement en 1838 que la première école normale de filles ouvre en France, on en dénombre 8 en 1848 et 11 en 1863.
Pourtant, à Bordeaux, dès la Monarchie de Juillet, les bases d'une formation des institutrices émanant de la municipalité et du Conseil Général se dessinent.

Une école préparatoire pour les institutrices primaires voit le jour place Bardineau en 1846. Le recrutement est très limité puisque le Conseil Général octroie seulement six bourses et cinq demi-bourses avec un concours tous les ans au mois d'août, un internat est prévu et des externes peuvent être accueillies. L'uniforme, tenue brune pour l'hiver, bleue pour l'été, est de règle.
En 1865, l'école préparatoire, appelée "cours normal", est transférée, grâce à des fonds publics, rue David Johnston où l'école communale est annexée. Sa directrice, Madame Pruniéras, devint donc également directrice du cours normal d'institutrices. À côté d'une maison de deux étages destinée au cours normal et au logement de la directrice, se trouvait une immense salle de classe de 220 mètres carrés accueillant 210 filles sur les principes de l'enseignement mutuel (les élèves les plus compétents étant utilisés à des tâches d'enseignement). Les monitrices et aides-monitrices en profitaient pour faire leur apprentissage puisqu'elles étaient dans le même temps formées à leur métier par le cours normal.

Le projet de loi de Paul Bert déposé en juin 1878 avait très vite suscité à Bordeaux un débat autour de la création d'une École Normale de filles. En témoigne la lettre adressée par l'inspecteur d'Académie au Préfet le 28 février 1878, dans laquelle sont rappelés les enjeux républicains que représente la formation des institutrices, la diffusion des idées et des savoirs passant par l'école. Dès mars 1878 avant que la loi ne soit votée, un questionnaire est adressé par le ministère à l'administration locale quant aux besoins en recrutement et aux frais estimés. Il faut également régler la question du terrain. Où doit se trouver la future École Normale d'institutrices ?
A Bordeaux une trentaine de propositions de terrain sont faites de la route du Médoc à Bègles et la concurrence est rude. C'est finalement la propriété Alamargot à Caudéran qui est retenue en raison de ses nombreux avantages. Le prix est relativement modéré, plus d'un hectare de terre, une maison de maître, un chai-remise sont achetés pour une somme de 130 000 francs. La situation est excellente, près du boulevard de ceinture où les communications sont facilitées par les tramways et les lignes omnibus, mais suffisamment isolée car la rue de l'actuelle rue de l'École Normale, ancien chemin de Caudéran, est bordée de prairies.
Les travaux et l'acquisition du terrain sont estimés à 600 000 francs dont 250 000 francs de subventions de l'Etat, et 350 000 francs d'emprunt à contracter par le département. L'école doit être réalisée pour le 1er août 1884. Elle est prévue pour accueillir :
-cent élèves internes,
-des demi-pensionnaires et des externes (les maternelles).
Les élèves doivent avoir plus de seize ans, remettre un engagement décennal, et après leur certificat d'études, passer le concours d'admission  comprenant une épreuve écrite et une épreuve orale.

Le site choisi : la propriété Alamargot.

 



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